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Autour des maisons de naissance: témoignages

Sylvie, 30 ans, chargée de projet dans le domaine associatif. Maman d’une petite fille de 20 mois née à l’hôpital et d’un bébé de six semaines né à domicile. En couple avec Fabrice.

« J’ai accouché chez moi car j’avais envie de vivre une naissance physiologique la plus respectueuse possible de notre enfant et de moi-même, et ce en toute intimité, en incluant notre première fille. J’aurais eu l’impression de la mettre de côté si j’avais dû quitter le foyer familial pour aller à la maternité et y rester. Elle a pu ainsi, se réveillant un matin, découvrir son petit frère. Je suis restée à la maison tout le temps, il n’y a pas eu d’aller-retour entre la crèche, la maison, la maternité, etc. D’un point de vue logistique, cela nous paraissait donc aussi plus simple (même si je n’avais pas imaginé que le suivi des lessives et vaisselles prendrait tant de temps !). Par contre, on a eu beaucoup de chance avec l’intendance des repas, car les amis nous ont beaucoup aidés en nous apportant des petits plats tout faits. »

Fabrice, 30 ans, chercheur en physique. Papa d’une petite fille de 20 mois née à l’hôpital et d’un bébé de six semaines né à domicile. En couple avec Sylvie.

« Sylvie souhaitait déjà accoucher à la maison pour notre premier enfant, mais moi je n’étais pas assez confiant. Le premier accouchement s’étant bien passé, j’ai accepté qu’elle accouche à la maison pour notre deuxième enfant. Mais j’avais une légère crainte globale du genre « si jamais quelque chose se passe mal, alors ça implique un retour à l’hôpital, probablement en ambulance et dans l’hôpital le plus proche, c’est-à-dire pas celui qu’on aurait choisi et pas avec notre gynéco ». Et je n’avais pas plus peur pour le bébé que pour Sylvie. Elle m’a demandé de m’asseoir derrière elle pendant l’accouchement afin de la soutenir. J’ai surtout joué un rôle de coach, en l’encourageant à aller plus loin, à pousser plus fort, en la massant si elle le demandait, en lui serrant la main au moment de la poussée afin qu’elle se sente accompagnée. Je lui donnais à boire et lui glissait des mots doux. »

Séverine, 40 ans, conseillère pédagogique dans le secteur de l’insertion socio-professionnelle. Maman de quatre garçons de 14, 13, 10 et 9 ans. Les deux derniers sont nés à domicile. Séparée.

« J’ai découvert que j’étais enceinte de mon quatrième enfant à 19 semaines sur 40. Je suis tombée enceinte alors que je portais un stérilet. Notre couple battait alors de l’aile. Je ne voulais plus d’enfant et cette grossesse apprise tardivement n’arrangeait rien dans nos histoires. C’est peut-être la raison pour laquelle l’accouchement a été long… si long. Finalement, la sage-femme, Evelyne, a compris que ce n’était pas le bébé qui ne voulait pas venir mais moi qui ne voulais pas le laisser sortir… Elle m’a parlé, m’a posé des questions et j’ai craché le morceau : ce bébé n’arrivait pas au bon moment. Je n’avais plus de sentiments amoureux pour son papa. Que faire ? J’envisageais même une séparation… Elle m’a rassurée, m’a parlé, et dit que ce bébé n’y pouvait rien, que je devais le laisser sortir et remettre à plus tard la résolution de ces problèmes. Cela m’a aidé. J’ai souhaité accoucher dans la baignoire, comme protégée par les bords du bain. Ce petit bout, je le mettais au monde seule. Son papa était là… mais pas comme pour notre troisième fils. Ce petit quatrième est né dans la poche des eaux non rompue. Il flottait, nous l’avons regardé puis nous avons déchiré la poche pour le dorloter. Nous avons reparlé plus tard de cet accouchement avec mon ex-mari. Le dialogue ouvert par Evelyne a peut-être été une voie vers le respect qui a perduré dans nos relations et dans notre séparation. »

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Textes: Annabelle Georgen, Céline Lambeau

Illustrations : Mathilde Manka

Dossier paru dans Filiatio #19 – mai/juin 2015, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

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