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Autour des maisons de naissance

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Textes : Annabelle Georgen, Céline Lambeau
Illustrations : Mathilde Manka

Égalité : où commencer ?

Les navigations de Filiatio dans les deltas familiaux d’aujourd’hui sont riches d’enseignements quant aux enjeux de l’égalité des femmes et des hommes au travail et au foyer. Nous observons par exemple que, bien souvent, après une séparation parentale, la répartition des rôles entre les parents tend à demeurer celle qu’elle était avant la séparation. Ainsi, des parents qui se partageaient d’emblée les devoirs financiers et familiaux iront assez naturellement vers l’hébergement égalitaire, tandis qu’un ménage organisé sur le modèle « ancien » de la différenciation complète (maman à la maison, papa au turbin) sera plus susceptible d’opter pour la vieille formule « WE chez papa »… qui peut se révéler doublement déprivative, le papa risquant de perdre le contact avec ses enfants et la maman de s’épuiser dans une vie précaire. Dès lors, une question s’impose : où et quand doit commencer l’égalité parentale ?

À l’heure actuelle, sur le plan biologique, tout embryon continue de résulter de la fusion d’un ADN féminin et d’un ADN masculin. Sur le plan social, les choses sont nettement plus complexes : certains embryons sont conçus en dehors de toute volonté procréatrice, d’autres procèdent d’un désir d’enfant qui peut être individuel ou porté par plusieurs personnes (pas toujours deux, pas toujours un couple homme-femme…). Sur le plan législatif enfin, deux individus peuvent en Belgique bénéficier de droits parentaux sur un enfant, à condition de reconnaitre celui-ci. Même s’il s’agit de deux personnes du même sexe, leur implication dans le devenir de l’enfant reste généralement envisagée sous l’angle de rôles complémentaires à jouer, fortement inspirés de la psychologie freudienne, selon laquelle un enfant doit avoir une « mère » (parent nourricier, en charge des soins primaires, des affects, de la tendresse) et un « père » (parent dynamisant, qui sépare l’enfant de sa « mère » pour l’emmener dans le monde).

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Avant et après la naissance, avant et après une séparation, les rôles respectifs de cette mère et de ce père ne sont pas laissés à la seule appréciation des individus : des héritages biologiques et culturels très chargés pèsent sur eux. Ainsi, dans la tradition occidentale, la grossesse concerne essentiellement la mère, la naissance est sous la responsabilité du monde médical et le début de vie du bébé reste largement sous la responsabilité de la maman, malgré une volonté collective d’impliquer les papas. Certains parents décident pourtant de s’écarter de ces traditions très tôt dans le parcours, par exemple en choisissant une méthode d’accouchement alternative : suivi de la grossesse par une sage-femme plutôt qu’un-e gynéco-obstétricien-ne, accouchement à domicile ou en maison de naissance. Pourquoi ce choix ? Est-ce un choix de femme ou un choix de couple ? Les professionnels qui proposent ce genre de parcours veillent-ils à inviter les deux parents à s’impliquer de manière égale et complémentaire dans le processus du « devenir parent » ?

Céline Lambeau
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D’autres voies existent pour mettre un bébé au monde

Face à l’hyper-médicalisation de l’accouchement, de plus en plus de parents angoissés à l’idée d’être relégués au rang de spectateurs de la naissance de leur enfant font le choix de fuir l’hôpital et les médecins. Plusieurs alternatives s’offrent à eux. À quoi ressemble un accouchement ? Nous sommes nombreux à avoir la même image mentale : la future maman allongée sur une table d’opération autour de laquelle s’affairent médecin et infirmières, le futur papa assis dans le couloir en train de se ronger les sangs.

 


filiatio19-027« Les mots les plus importants sont respect et intimité »

Françoise Laloux, 67 ans, exerce le métier de sage-femme en Belgique depuis plus de quarante ans. Spécialisée dans l’accouchement à domicile, elle intervient également en milieu hospitalier. Elle est l’une des cofondatrices de la maison de naissance liégeoise La Maisonnée et de l’ASBL du même nom. Elle est par ailleurs mère de cinq enfants.

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Témoignages

Sylvie, 30 ans, chargée de projet dans le domaine associatif. Maman d’une petite fille de 20 mois née à l’hôpital et d’un bébé de six semaines né à domicile. En couple avec Fabrice.

« J’ai accouché chez moi car j’avais envie de vivre une naissance physiologique la plus respectueuse possible de notre enfant et de moi-même, et ce en toute intimité, en incluant notre première fille. J’aurais eu l’impression de la mettre de côté si j’avais dû quitter le foyer familial pour aller à la maternité et y rester. »


filiatio19-032Des évidences aux questions

À travers les pages qui précèdent, quelques évidences s’imposent. Par exemple : toute naissance est une histoire en soi, avec un début, et une fin. Une histoire qui progresse, évolue, surprend, déroute… Mais aussi : toute naissance n’est qu’un moment dans une autre histoire : celle de l’enfant imaginé, conçu, porté, accueilli, celle du couple et du foyer qui l’imaginent, le conçoivent, le portent, l’accueillent.

Dosssier paru dans Filiatio #19 – mai/juin 2015, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

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