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Bricolage égalitaire avant l’heure

filiatio_9-079Bernard et Annick, parents de deux jeunes garçons, se sont séparés dans les années 80. Ils ont tout de suite mis en place un hébergement égalitaire, pour le plus grand étonnement de leur entourage : à l’époque, ce mode de garde était pour le moins marginal.

Salle des pas perdus, 1988, Bruxelles. Nous sortons du Palais de justice en veillant à ne pas nous croiser. Nous sommes tout deux accompagnés de notre avocat. La séance est à nouveau reportée pour des raisons qui nous échappent.

Bizarrement, nous nous retrouvons dans le parking. Nos voitures ne sont pas loin l’une de l’autre. Nous décidons d’aller boire un café à deux pas du Palais. La tension est palpable. La tristesse aussi. Dix ans de mariage, deux garçons de deux et cinq ans. Pleins de souvenirs bons ou difficiles, nous nous retrouvons là, autour d’un café…

Nous nous séparons. C’est vrai. C’est déchirant, mais nous ne sommes pas taillés pour nous faire la guerre. Nos deux enfants sont magnifiques, prometteurs et ils portent en eux tout notre amour. Nous nous sommes aimés et nous n’arriverons pas à nous détester. Très vite, nous tombons d’accord sur la garde alternée des enfants : « Dimanche, ils sont chez toi puis lundi soir jusqu’au mercredi midi chez moi… » Du bricolage, en somme, adapté à l’âge des enfants et à nos occupations professionnelles respectives.

Quelques semaines plus tard, nous voici enfin devant le juge. De notre plus belle écriture, nous avons couché sur papier tous les détails de la séparation : la garde des enfants, les vacances, la pension alimentaire… Le juge est surpris, interloqué ! Fin des années 80 une garde alternée a quelque chose d’inédit, d’autant plus que nos enfants sont très jeunes. Le juge nous demande où sont nos avocats. Nous lui expliquons que nous avons rédigé notre accord ensemble, sans avocat. Que pouvait-il faire d’autre que d’approuver notre choix ? Il fallait tout de même mettre tout cela dans une forme juridique acceptable, ce que nous avons fait. Était-ce avec un avocat, un notaire ? Peu importe finalement, c’était juste pour la forme.

La semaine dernière, nous fêtions un anniversaire en famille avec nos deux fils, leurs amoureuses et nos partenaires de couple actuels. Une fête « recomposée » pleine de rires et de chaleur.

Bernard et Annick

Article paru dans Filiatio n°9 – mars / avril 2013, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

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