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CIRA/ICSP La résidence alternée en pensées, en paroles, en actions et en recommandations

0023_FILIATIO_Mars_2016-017En 2013, un groupe d’experts internationaux spécialistes des questions relatives à la résidence alternée a créé une « Plateforme Internationale de la Résidence Alternée » sous la forme d’un site web : twohomes. org. Au départ organisation informelle, sans existence légale ni siège fixe, cette réunion d’experts a très vite évolué vers une association dotée d’une personnalité juridique et officiellement enregistrée : le Conseil International de la Résidence Alternée (CIRA), ou ICSP en anglais (International Council for Shared Parenting). Ceci afin de suivre de près le déploiement du principe de la résidence alternée à l’échelle mondiale et pour inciter à son développement là où elle n’est même pas encore concevable.

L’association a été créée à Bonn en février 2014 par 26 membres fondateurs de 11 nationalités différentes. Son originalité tient à trois aspects : (1) sa composition respecte un équilibre entre scientifiques, professionnels et acteurs de la société civile, (dont des parents) : aucun de ces trois groupes ne peut représenter moins de 25% de l’ensemble des membres ; (2) ses instances sont paritaires, avec une représentation égale de femmes et d’hommes; (3) il adopte une perspective internationale, de manière à étudier la résidence alternée d’un point de vue global en veillant à l’avancée de tous les pays.

Ses missions principales, telles que définies par les statuts de l’association, consistent d’une part à diffuser et promouvoir des connaissances scientifiques sur les besoins et les droits (« l’intérêt supérieur ») des enfants dont les parents vivent séparés, d’autre part à formuler des recommandations fondées sur des preuves scientifiques concernant la mise en place de la résidence alternée sur les plans légaux, judiciaires et pratiques.

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Dès juillet 2014, l’association organisait sa première conférence internationale, et la deuxième n’a pas tardé à suivre, en décembre 2015. C’est à celle-ci que nous consacrons ce dossier. Les lecteurs les plus pressés trouveront ici les conclusions officielles de cette conférence 2015. Les autres sont invités à rencontrer Mr Kruk, Président du CIRA, dans une interview, et Mme Clot-Grangeat, sa Vice-Présidente, au travers d’une recherche qu’elle a a menée récemment sur la question du conflit des parents séparés. Non sans avoir au préalable suivi les aventures de l’équipe de Filiatio à Bonn, et sans compter quelques échos des interventions entendues durant ce colloque dense, passionnant… et bien trop riche pour tenir en un dossier de magazine. Nous ne prétendons d’ailleurs aucunement nous substituer au comité organisateur du CIRA, qui travaille actuellement à rédiger les Actes de ces journées de réflexion intenses ! Surveillez donc nos brèves et notre page Facebook : nous vous informerons dès parution de ce document de synthèse dont nous connaissons la valeur pour nos lecteurs, qu’ils soient parents, médiateurs, psychologues, pédagogues, juristes ou magistrats.

Bonne lecture !

Dossier préparé par Céline Lambeau et David Besschops

Dossier paru dans Filiatio #23 – mars/avril 2016, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

La conférence 2015, en très très bref :

Thème : Résidence alternée – Les pratiques de mise en place juridique et sociale

Lieu : Bonn, Allemagne

Durée : trois jours

Public : 125 personnes, parmi lesquelles une trentaine de médiateurs et travailleurs sociaux, une trentaine de chercheurs, une trentaine de représentants de la société civile, cinq avocats, quatre juges, trois représentants des médias, un médecin, …

Contenu : deux préconférences, deux conférences plénières – Nouvelles données empiriques sur la parentalité partagée et Implémentation de la parentalité partagée dans différents systèmes législatifs – et quatre ateliers thématiques comportant chacun six communications, consacrés respectivement aux législations relatives à la parentalité partagée, aux contextes culturels dans lesquels elle se développe, aux fonctions de la médiation familiale et aux pratiques favorisant la réduction de la violence et du conflit parental. Soit au total 40 intervenants différents.

Bonus : outre les rencontres démultipliées, un film sur le rapt parental et une croisière nocturne de 2h sur le Rhin !

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0023_FILIATIO_Mars_2016-021Mini-trip au pays des idées

Un mercredi de décembre, nous (Jacques, David, Céline) quittons Buxelles et Liège pour Bonn. Deux heures plus tard, à notre arrivée dans le hall du Gustav-Stresemann Institut, l’atmosphère est frémissante. Angela Hoffmeyer, secrétaire du CIRA, et Torsten Fabricius, son acolyte, sont au taquet pour accueillir les visiteurs du colloque. Nous déclinons nos identités, recevons nos badges respectifs et les indications nécessaires pour rejoindre les salles de «pré-conférence». Parcours un peu labyrinthique, mais on finit par s’y retrouver – et plongeons immédiatement dans ce qui se révèlera, in fine, avoir été une sorte de conversation ininterrompue de 72h…


 

0023_FILIATIO_Mars_2016-023Croiser les savoirs théoriques et pratiques

Edward Kruk, Président du Conseil International de la Résidence Alternée (CIRA/ICSP) est d’ascendance polonaise, est né en Angleterre et a grandi au Canada. Il y est professeur à l’Université de Colombie Britannique et auteur de plusieurs ouvrages sur la parentalité après le divorce. Nous l’avons rencontré pour une interview quelques heures seulement après l’ouverture des travaux du CIRA.


 

0023_FILIATIO_Mars_2016-026La science au chevet du conflit parental

Selon une idée classique, la résidence alternée ne constituerait pas une solution d’hébergement adaptée en cas de conflit entre les parents. C’est en tout cas ce qu’affirment un certain nombre d’auteurs, et l’idée est relayée dans des essais à destination des professionnels et des parents, des magazines grand public, et des conversations de comptoir. Et de là, elle percole dans de nombreux jugements. C’est ainsi que des centaines d’enfants se voient chaque année interdits de séjour « long » chez un de leurs parents, au prétexte que cette option les protégerait des disputes des adultes… Mais perdre le contact avec un parent est-il réellement moins délétère qu’assister à des conflits ? Et est-il prouvé qu’une résidence égalitaire ne peut avoir d’effets positifs si les parents ne s’entendent pas ? Enfin, quelles sont les pratiques à encourager pour réduire la violence familiale et le conflit intense ?


0023_FILIATIO_Mars_2016-028Conclusions officielles de la conférence 2015 du CIRA

La résidence alternée a été reconnue par la communauté des chercheurs, par les juristes et les thérapeutes, comme un arrangement possible et optimal pour le développement et le bienêtre de l’enfant après le divorce des parents. Il y a consensus pour dire que l’instauration de la résidence alternée comme présomption légale devrait être mise en place sans délai sur les plans législatifs, thérapeutiques et sociaux, en relation avec l’ensemble des institutions professionnelles et des associations concernées.

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