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Hébergement des enfants après la séparation : les alternatives

filiatio_10-018Le modèle « hébergement principal chez la mère / un week-end sur deux chez le père » est le modèle dominant d’hébergement des enfants après une séparation parentale. Pourtant, de nombreuses autres possibilités existent et permettent aux enfants, en fonction de leur âge, de préserver un lien de qualité avec leurs deux parents. Quelles sont ces alternatives ? Un dossier réalisé par la rédaction de Filiatio.

Le 5/9, un « filet de sécurité » ?

Entre la semaine sur deux, qui ne convient pas forcément à tous les parents, et le week-end sur deux, qui est le système majoritaire, ne pourrait-on pas imaginer des alternatives ? Pourquoi cette question, peut-on se demander, si tout le monde est content des habitudes actuelles ? Tout d’abord, d’après le sondage que nous avons réalisé en 2012 1, sept belges sur dix pensent que la mise en place d’un hébergement égalitaire est le meilleur choix, dès six ans. Pourtant, l’étude de la Ligue Bruxelloise Francophone pour la Santé Mentale, révélée dans notre dernier numéro 2, montre que la formule majoritaire pour laquelle optent les parents est celle du week-end sur deux, dans laquelle l’un des parents, le plus souvent la mère, a la résidence principale, et dans laquelle l’autre parent, le plus souvent le père, reçoit ses enfants un week-end sur deux (parfois le mercredi également, et la moitié des vacances scolaires). Un choix très éloigné de l’hébergement égalitaire, pour différentes raisons qui tiennent sans doute à la fois aux questions pratiques, au poids des normes sociales et à l’enjeu conjugal que représente l’hébergement des enfants après la séparation.

filiatio_10-021Un week-end sur deux, disent de plus en plus de spécialistes de l’enfance, c’est peu pour que le parent concerné joue un vrai rôle éducatif de parent. En plus de l’hébergement égalitaire, il existe des formules « filet de sécurité » pour la relation parent-enfant : il s’agit par exemple du « 4/10 » (4 jours chez un parent, 10 jours chez l’autre avec un jour d’école) et du « 5/9 » (9 jours chez un parent, 5 jours chez l’autre, avec deux jours d’école). Ces formules sont peu connues des parents et des professionnels : elles sont choisies par 7,6% des parents et établies dans 6,4% des décisions de justice, ainsi que le montre l’étude de la Ligue Francophone pour la Santé Mentale.

D’une part, hébergement égalitaire ne rime pas forcément avec une semaine sur deux. Prenons les jeunes enfants, dont le temps est très différent du nôtre : « il est vrai que l’enfant est d’abord dans la sécurité avec sa mère », explique Philippe Béague, psychologue, psychanalyste et président de l’association Françoise Dolto, « mais passée cette période, on peut très tôt mettre en place un hébergement égalitaire de courte durée, 2 jours/2jours, par exemple, si l’enfant « connaît » son père et se sent en confiance et en sécurité avec lui. »

Par ailleurs, la question de l’évolution des jugements devrait être également posée : les besoins de l’enfant évoluant année après année, il devrait être possible de faire évoluer son hébergement chez ses parents de manière la plus adaptée possible. Nous avons demandé à plusieurs spécialistes de nous aider à y voir clair, et nous avons, avec certains d’entre eux, rédigé un projet de lettre ouverte que nous vous soumettons dans ce dossier.

POUR ALLER PLUS LOIN

❱❱ Joan B. Kelly and Michael E. Lamb : “Using child development research to make appropriate custody and access decisions for young children”, in Family and conciliation courts review, Vol. 38 No. 3, July 2000, 297-311.

❱❱ Ces deux professeurs de psychologie nord-américains sont reconnus mondialement comme spécialistes du développement de l’enfant dans les familles « non traditionnelles » : séparations parentales, familles mono-parentales et homoparentales. Ils plaident en faveur d’une réflexion sur l’adaptation des modalités d’hébergement des enfants en relation avec leur âge, et ouvrent notamment des pistes pour des hébergements égalitaires plus souples que la « semaine sur deux », qui ne répond pas aux besoins des enfants les plus jeunes. Dans le prochain numéro de Filiatio, nous vous présenterons plus en détails leurs travaux et les différentes propositions qu’ils émettent.

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filiatio_10-023Des spécialistes répondent à nos questions

Diane Drory est psychologue, psychanalyste, spécialiste des troubles de la petite enfance, elle a publié de nombreux livres et articles et collabore à plusieurs média pour nous livrer de précieuses analyses sur la famille dans tous ses états. Vous pouvez lire son interview dans Filiatio#8 : « Il faut du lien, et le lien prend du temps »

Édith Goldbeter-Merinfeld est docteure en psychologie et en psychothérapie familiale, notamment professeur à l’Université Libre de Bruxelles. Elle est également membre fondatrice de l’Association Européenne de Thérapie Familiale. Vous pouvez lire son interview dans Filiatio#9 : « Des nouvelles configurations familiales »


filiatio_10-027« Je donnerais ma caution à une loi visant à favoriser le 5/9 après l’hébergement l’égalitaire »

Guy Blondeel a été juge et président du Tribunal de la Jeunesse de Bruxelles pendant vingt ans. Pour lui, le plus important, c’est que l’enfant vive une bonne relation avec ses parents, même après leur séparation. Selon lui, si la garde égalitaire n’est pas la meilleure solution pour tous les parents, on pourrait envisager de privilégier le « filet de sécurité » autour du 5/9, un système aux critères plus souples et qui permettrait d’avoir une relation parent/enfant de qualité. Par ailleurs, Guy Blondeel déplore le manque de formation des juges de la jeunesse – la Jeunesse, un « purgatoire ».


filiatio_10-029Hébergement des enfants de parents séparés : vivent les alternatives !

Le modèle « hébergement principal chez la mère / un week-end sur deux chez le père » est le modèle dominant d’hébergement des enfants après une séparation parentale. Pourtant, de nombreuses autres possibilités existent et permettent aux enfants, en fonction de leur âge, de préserver un lien de qualité avec leurs deux parents. Nous proposons de faire connaître ces alternatives.

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Article paru dans Filiatio #10 – mai / juin 2013, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

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