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La GPA est-elle une «extension du domaine de l’aliénation ? »

Le collectif « NoBody for Sale », basé en France, comprend des dizaines de personnalités politiques, familialistes et médiatiques dont le Planning Familial, Sylviane Agacinski… S’il est orienté à gauche de l’échiquier politique français, les arguments présentés transcendent les divisions politiques et trouvent écho en Belgique. Extraits de plaidoyer :

« Quand certains évoquent une logique généreuse du «don», force est de constater dans la pratique que le bénévolat n’existe pas en ce domaine. Là où elle est autorisée, même très encadrée, comme au Royaume-Uni, la maternité pour autrui est toujours rémunérée, sous forme de salaire ou de « dédommagement », bien au-delà de la couverture des frais médicaux. Et comment pourrait-il en être autrement ? Qu’une femme mette gratuitement ses organes et neuf mois de sa vie à disposition d’autrui sans contrepartie financière n’est imaginable que dans des cas tout à fait exceptionnels (comme pour les dons d’organes entre parents, et encore, pour sauver une vie). Mais la maternité pour autrui ne peut justement pas se pratiquer dans un cadre intrafamilial en raison des implications indirectement incestueuses qu’elle comporterait […]. C’est pourquoi, là où elle est permise, cette pratique donne toujours lieu à une rétribution de la grossesse et fixe un prix à l’enfant ainsi « produit ». L’enfantement devient alors un service social et la sphère économique s’empare de la vie la plus privée et la plus intime d’une personne. Loin de pouvoir s’inscrire dans le registre du don gratuit, toute forme de légalisation de cette pratique engage une marchandisation du corps féminin et de l’enfant. Ce nouveau marché du corps est ainsi indissociable de toute «gestation» pour autrui et n’en constitue nullement une «dérive» que l’on pourrait éviter. Il faudrait rester aveugle au développement d’un marché procréatif mondial – sur lequel les gamètes et les ventres s’échangent, pour le plus grand profit de cliniques et d’instituts spécialisés – pour oser encore rattacher la mise à disposition du corps des femmes à un échange « altruiste ».

Le marché des ventres, là où il est autorisé, constitue en fait une incitation à se vendre pour les femmes les plus vulnérables, une forme nouvelle d’exploitation et de servitude.

On ne peut assimiler la grossesse, qui concerne la vie la plus intime d’une femme, à un travail social au terme duquel la « gestatrice » remettrait finalement son produit à des commanditaires. Il faut se faire une étrange idée du rapport des femmes à leur vie propre et à leur corps, pour croire qu’elles peuvent vivre neuf mois, jour et nuit, au service d’autrui sans aliéner profondément leur personne. De plus, là où la pratique a été légalisée, les contrats d’engagement d’une « mère porteuse » entraînent une véritable mise sous tutelle de sa vie la plus intime : son alimentation, son mode de vie, sa sexualité, l’obligation d’avorter dans certains cas, etc. Pour ne rien dire de l’accouchement, avec ses risques non négligeables (épisiotomie, césarienne, voire hémorragie), qui se trouve alors inclus sans scrupules dans le cadre d’un échange commercial. »

(http://nonalagpa.blogspot.be/)

Lisez la suite du dossier de Sabine Panet: Mères porteuses : progrès social ou ventres à louer ?

Dossier paru dans Filiatio n°9 – mars / avril 2013, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

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