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« Le Muret », Céline Fraipont et Pierre Bailly

Éditions CASTERMAN/écritures

Jouer avec le feu pour s’y réchauffer, jusqu’à s’y brûler les mains ? L’adolescence décrite par Fraipont et Bailly n’a que faire de nos précautions d’adultes. Cette adolescence nous inquiète : et si c’étaient nos enfants ? C’est là sans doute la valeur suprême de ce Muret : l’adolescence n’y est pas magnifiée. Elle est nourrie des souvenirs des auteurs mais n’est pas nostalgique. Fraipont et Bailly captent avec une virtuosité lucide les vacillements de Rosie et ce moment, bref et douloureux, où l’enfance disparaît. « Je sais que je ne fais pas de bonnes choses et je me demande bien pourquoi je suis devenue comme ça. J’étais gentille avant ». Un mot du dessin de Pierre Bailly. On pressent ce qu’il faut de magie pour s’adresser à des très jeunes enfants et les captiver comme il le fait avec Petit Poilu. Le travail réalisé ici démontre, si besoin en était, toute l’étendue d’un talent fait d’une grande acuité du regard, habile à saisir et rendre les attitudes, les gestes et les éléments du décor qui font sens, au moyen de planches alternant les masses noires et la légèreté d’un trait épuré. Rosie, sa frange et son anorak, telle qu’elle a pris forme par la main de Pierre Bailly, est une jeune fille dont on pourrait se souvenir. Une jeune fille attachante dont on aurait pu être un peu amoureux quand, pour nous aussi, l’adolescence n’était qu’une suite de journées étroites ou sans issue.

David Besschops

Article paru dans Filiatio #16 – Novembre-Décembre 2014, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

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