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Les douze travaux de Jul’ et Rommy, épisode premier

filiatio19-052De nos jours, un couple en crise s’entend très vite conseiller la séparation. Pourquoi s’entêter à vivre dans les tensions et les disputes alors que se séparer est devenu un acte socialement accepté ? Eliminer le conflit en dissolvant le couple qui produit ce conflit apparaît comme une solution raisonnable, garante d’un retour rapide au bien-être et à l’épanouissement personnel. C’est, cependant, oublier un peu vite que le couple est bien souvent le réceptacle des bouleversements qui accompagnent la vie (épreuves du passé, environnement professionnel délétère, naissances, deuils, maladie, déménagements, …), et non leur cause. C’est oublier aussi que « défaire » un couple est un travail long et douloureux, parfois source de nouveaux conflits. Une sorte d’amputation affective, en quelque sorte, au cours de laquelle le corps, l’esprit, la famille (et le portefeuille…) trinquent plus souvent qu’à leur tour. Heureusement, une jolie brochette de professionnels peut aujourd’hui encadrer et assister cette délicate opération de séparation. Pour le meilleur ou pour le pire ? C’est ce que nous allons découvrir en suivant les aventures de Jul’ et Rommy, les deux héros de notre feuilleton…

Juste avant de s’asseoir devant la table basse en noyer, Rommy s’empara du premier magazine de la pile posée en son centre. Un vieux Trends Tendances. ‘Comment ne pas se faire recaler ?’ interrogeait joyeusement sa couverture. Rommy grimaça – trop tard, les gars, je suis déjà dehors… – et rejeta le magazine sur la pile, perturbant son ordonnancement. Bien fait… Son aigreur montait dans cette salle d’attente aux teintes sombres. Rien n’avait changé, depuis l’autre fois, cet endroit sentait toujours la cire d’abeille, la maîtrise de soi et l’extrême politesse. Mais pour la première fois, la conscience lui vint de tout ce qui se jouait en ces lieux. Pas que des belles histoires, en réalité…

À sa gauche, une fenêtre à petits carreaux transformait en puzzle verdâtre le jardin situé derrière la maison. Dire que nous l’avions visité en sortant de l’étude il y a cinq ans… Un bruit dans le couloir détourna son attention. Ce ne pouvait être que Jul’… Rommy se leva brusquement. Faire bonne figure restait un impératif – surtout, ne pas laisser deviner l’accélération subite de son sang, ni ses mains moites. Une nonchalance affichée avait donné de bons résultats la dernière fois..

Effectivement, Jul’ apparut dans l’encadrement de la porte – lunettes noires, visage fermé. Ca démarre mal, songea Rommy, qui du coup s’avança un rien trop vivement, comme en compensation. Leur salut ne fut pas sans raideur : convenait-il plutôt de se serrer la main ou de se tendre la joue ? Rommy opta pour la joue, et pour un ton aussi amical que possible.

filiatio19-054« Ca va ? Pas trop de trafic en ville ?

– Non, la normale… » Jul’ s’assit, pêcha une brochure sur la table et la contempla longuement. Rommy tenta de poursuivre leur embryon de conversation.

« Sympa, tes nouvelles chaussures… Ca te change. »

Jul répondit par un sourire crispé, sortit son smartphone, le rangea. Parcourut la pièce des yeux, s’arrêtant un instant sur la fenêtre aux carreaux verts, puis ressortit le smartphone et s’y engloutit au moment où Rommy embrayait.

« Tu te souviens de ce jardin ? »

L’autre fit la moue sans quitter son téléphone des yeux.

« Je viens d’avoir une idée » continua Rommy

Cette fois, Jul’ leva le nez, l’oeil vaguement interrogateur « On devrait demander au notaire l’autorisation d’aller y enterrer nos alliances ! Tu sais, histoire de finir avec un peu de panache. Un peu comme l’autre fois : on ré-invite nos témoins, deux-trois amis, on prévoit un petit verre… quelques fleurs… Des chrysanthèmes, ça t’irait ? »

Secouant la tête d’un air dégoûté, Jul’ plongea derechef dans son téléphone portable. Rommy soupira bruyamment, et maudit le notaire en son for intérieur. On frisait les dix minutes de retard. Il pourrait prévoir deux salles d’attente, ça éviterait ce genre de confrontation pénible… On ne doit pas être les premiers à venir poser un désaccord sur sa table. Quand je pense aux histoires d’héritage, déjà… c’est rarement pacifique ça. Je me demande s’il arrive que des gens s’engueulent devant lui… Est-ce qu’il monte le ton pour les calmer ? Peut-être qu’un regard sévère suffit, par dessus ses petites lunettes… Les dossiers immobiliers, ça doit être plus facile… quoique…

filiatio19-057Rommy sentit son estomac se contracter. Au fait… Faudrait-il déjà parler de la maison aujourd’hui ? Ce ne serait pas la moindre des épreuves. Que se passerait-il si je m’en allais, là tout de suite, sans rien dire ? Est-ce que Jul’ me poursuivrait, pour me rattraper par la peau du cou et me traîner jusqu’à la belle table toute brillante du gentil notaire ? Est-ce qu’ils peuvent me forcer à signer ? Pour se marier, le consentement de chacun est obligatoire – logiquement, ça devrait être pareil pour le divorce ?

Une voix interrompit sa réflexion. Un jeune homme venait d’entrer dans la salle d’attente. « Bienvenue à tous les deux. Vous pouvez me suivre. Maître Claes va vous recevoir dans la petite salle »

***

Dans la jolie pièce lambrissée qu’ils connaissaient déjà, une femme était assise à la table. Plutôt menue, elle portait une chemise de lin à col ouvert. L’association de ses traits fins et de cheveux gris coupés à la garçonne jetait le flou sur son âge.

« Monsieur et Madame Libin ? Enchantée. Installez-vous ! Nous ne connaissons pas encore. Je pense que votre dernier passage ici remonte déjà à quelques années… ? ».

– Oui, c’était en 2009, précisa Rommy. Quand nous avons acheté la maison. C’est Maître Claes qui s’en était occupé… Mais nous étions déjà venus l’année d’avant, pour établir un contrat de mariage.

– Bien sûr, nous examinerons cela dans un moment », fit la femme en tapotant un dossier noir posé sur la table. « Les actes qui vous concernent sont réunis ici. Où en êtes-vous actuellement ? Vivez-vous encore sous le même toit ? »

Voyant Jul’ baisser la tête, Rommy se chargea d’exposer la situation.

« Oui et non… Disons que nous… nous partageons la maison. J’y suis le lundi, le jeudi et le dimanche à partir de 16h. Jul’ prend les autres jours.

– Et quand vous n’êtes pas au domicile conjugal… ?

– Moi, je vais loger chez des amis. Jul’, euh… Je te laisse expliquer, Jul’ ?

– Ca varie… Parfois je loge au bureau – il y a une sorte de studio attenant que mon boss me laisse occuper, le temps de…Ou alors, je vais chez mon frère.

– Vous n’êtes donc pas encore séparés de fait ? »

Rommy confirma. Rien n’avait encore été fait officiellement. En réalité, ils ne savaient pas trop par où commencer, raison pour laquelle ils venaient chercher conseil à l’étude notariale aujourd’hui. Ils gardaient un excellent souvenir de Maître Claes, qui avait le don de rendre transparentes les procédures les plus complexes. Leur interlocutrice eut un drôle de sourire, un peu lointain.

filiatio19-059– Beaucoup de gens disent cela de lui… J’espère vous être d’aussi bon conseil ! »

– Ce n’est donc pas Maître Claes qui s’occupera de nous cette fois ? » s’inquiéta Rommy, « Il ne gère pas les divorces, peut-être ? »

La notaire resta interdite un instant, puis ses yeux s’agrandirent.

– Oh… Je suis navrée ! Vous n’avez pas été prévenus ? Maître Claes nous a quittés, il y aura bientôt deux mois. Sa santé était plutôt… vacillante, les dernières années. De gros ennuis respiratoires…

Il s’en est inquiété trop tard… – Je ne comprends pas… » fit Rommy, en pleine confusion, en regardant le jeune homme qui les avait accueillis dans la salle d’attente, « Monsieur nous a pourtant annoncé il y a quelques minutes que Maître Claes allait nous recevoir ici…

– C’est que… c’est aussi mon nom. On aurait du vous l’expliquer d’emblée », expliqua la notaire en jetant en regard sévère au jeune clerc. « En réalité, je suis la nièce de feu Maître Claes. J’ai tout naturellement repris l’étude après son décès… C’est ce qu’il souhaitait depuis longtemps… J’ai appris le métier avec lui. C’était un grand pédagogue… ».

 Un silence passa. Chacun revoyait en pensée le vieux notaire, ses regards attentifs lorsqu’il donnait des explications.

– Si j’avais su… Toutes mes condoléances », dit finalement Rommy, d’une voix désolée.

« Je ne savais pas qu’il y avait des femmes notaires… » fit Jul’ au même moment, sortant enfin de son mutisme.

Maître Claes eut un bref sourire – que Rommy estima légèrement crispé.

« Nous sommes pourtant nombreuses. Actuellement, dans ce pays, un notaire sur trois est une femme », expliqua-t-elle. « Mais il y a beaucoup… d’inertie dans l’imaginaire collectif. Le grand public reste attaché à cette image d’un vieux sage grisonnant – que mon oncle incarnait à merveille, je dois le reconnaître… Mais venons-en à présent à votre dossier. Vous envisagez donc de divorcer et souhaitez être conseillés à ce propos… ? ».

Ils aquièscèrent. Des proches les avaient informés l’un et l’autre qu’il était possible d’éviter les tribunaux en s’adressant à un notaire pour gérer le divorce.

« C’est en partie vrai », commença la notaire. « La loi vous offre deux possibilités : divorcer par consentement mutuel, ou pour désunion irrémédiable. Ce ne sont pas tout à fait les mêmes procédures. Le divorce par consentement mutuel peut être mis en oeuvre ici, avec mon aide, mais il est soumis à deux conditions : d’une part, vous devez consentir l’un et l’autre à divorcer, d’autre part vous devrez vous entendre sur toutes les modalités de votre divorce ».

Comme ils restaient sans réaction, la notaire poursuivit :

filiatio19-061« Je veux dire par là que vous devrez tout décider ensemble. Il faudra établir un accord qui règle chaque aspect de votre séparation : vos lieux de résidence pendant la durée de la procédure, le partage de vos avoirs bancaires, de vos possessions immobilières, de votre mobilier… Le paiement éventuel d’une pension alimentaire de l’un à l’autre… Et bien sûr, toutes les questions relatives aux enfants… A supposer que vous en ayez ? »

– Oui, trois », répondit Rommy

A ces mots, Jul’ se redressa sur sa chaise.

« Euh… En fait, moi j’en ai trois, et Rommy deux, les plus petits. L’aînée n’est pas sa fille, je l’aie eue d’un couple précédent qui a très vite tourné court… ».

Le coeur de Rommy accéléra d’un seul coup. Des précisions s’imposaient.

« Elle n’est peut-être pas de mon sang mais je l’élève comme ma fille depuis des années ! Depuis que nous nous sommes rencontrés. Je ne fais aucune différence entre elle et les petits… C’est le premier enfant que j’ai… vu grandir, et… comment dire ? Que j’ai accueilli dans ma vie…

– Oui, bon… » fit Jul, avec un vague geste de la main. « Je pense que Madame… pardon, Maître Claes doit être mise au courant de la situation, non ? C’est important pour la suite.

– Effectivement, confirma la notaire. Apparemment, cela pourrait constituer un point un peu… particulier de votre dossier, il nous faudra sans doute en parler en détail. Les aspects du divorce qui touchent aux enfants méritent une grande attention. Sachez d’ailleurs que les accords relatifs à vos enfants devront recevoir l’aval du procureur du roi, même si vous optez pour le consentement mutuel.

– Ce qui signifie ? » demanda Jul’.

« Qu’il vous faudra passer devant le Tribunal de la Famille, afin qu’un juge veille au respect de l’intérêt des enfants, s’il sont mineurs.

– Donc nous devrons de toutes façons aller en justice ? » demanda Rommy.

« Pour cet aspect, oui, la loi l’impose. Mais vous pourrez recevoir ici toutes les informations et conseils nécessaires à l’établissement d’un accord conforme aux prescrits légaux en matière d’hébergement des enfants. Le passage au tribunal ne sera alors qu’une sorte de… formalité. Si l’intérêt des enfants est respecté, le juge doit donner priorité au choix des parents, selon la loi du 18 juillet 2006.

– La fameuse loi sur la garde alternée… » compléta Jul’.

La notaire corrigea : on ne parlait plus de « garde » mais d’hébergement. Par ailleurs, la notion d’« alternance » ne disait rien sur la durée de présence de chaque parent auprès des enfants, raison pour laquelle la loi lui substituait le terme « égalitaire »

« Donc, on est obligés de faire une garde partagée une semaine sur deux ? » demanda Jul’.

« Non, pas nécessairement. C’est le mode d’hébergement égalitaire le plus classique, mais rien ne vous empêche d’organiser les choses autrement si celui-là n’est pas adapté pour vous. Il y a beaucoup de critères à prendre en compte pour fixer un hébergement : vos horaires de travail, l’âge de vos enfants, la distance entre vos domiciles et l’école, la qualité de vos relations, et j’en passe. Si vous tombez d’accord sur un autre rythme de garde, le juge devrait l’homologuer. Sauf s’il est contraire aux besoins des enfants, bien sûr. Une alternance par semaine qui imposerait de faire 3h de trajet par jour pour fréquenter l’école, ça ne passerait peut-être pas. Et une garde totale chez un seul des parents, sans aucun contact avec l’autre, encore moins. Il est très important qu’ils vous voient tous les deux régulièrement… »

Les questions voletaient comme des mouches énervées dans la tête de Rommy. Mais le temps d’en choisir une, Jul’ avait déjà changé de sujet.

« Et pour le partage des biens, il y a aussi des règles à suivre, je suppose ?

– Pour les couples mariés, c’est le régime matrimonial qui détermine la façon dont le partage va s’effectuer. Votre contrat de mariage instaure le régime de la séparation des biens, n’est-ce pas ?

– Oui.

– Chacun gardera donc la propriété de ses propres avoirs, y compris les comptes bancaires. individuels. Mais j’ai vu que votre maison était un bien « indivi », autrement dit, commun. Avez-vous acquis ensemble d’autres biens de valeur dont il nous faudra parler ?

– Il y a quelques oeuvres d’art » dit Jul’, lentement.

« Et nous avons un compte-épargne commun… » ajouta Rommy. « Pour les vacances, les trucs imprévus…

– Avez-vous déjà discuté ensemble de la répartition de tout cela ? »

Hésitation. Puis,de façon inattendue, Jul’ se couvrit les yeux de la main droite. Rommy, tout en l’observant du coin du l’oeil, secoua alors la tête.

« Non… Pas encore. Cela ne fait que deux mois que nous sommes séparés…

– Je vois… Alors, voici ce que je vous propose. Je vais vous fournir quelques documents de référence, qui pourront vous aider à y voir plus clair. Tâchez d’établir ensemble un premier accord sur l’hébergement des enfants et le partage des biens de valeur. Au moins les grandes lignes d’un accord, disons. Et revoyons-nous dans une quinzaine pour affiner tout cela. »

Rommy marqua son accord par un sourire. Maître Claes lui apparaissait disponible et efficace, et il y avait de la gentillesse dans ses regards. Cela rendrait peut-être les choses un rien plus simples… Jul, à son tour, hocha brièvement la tête pour donner son assentiment au plan proposé.

La notaire leur fournit encore quelques informations techniques, après quoi le jeune clerc leur tendit deux brochures et quelques documents imprimés sur papier blanc. Interrogée sur le coût de l’entretien qui se terminait, Maître Claes leur rappela que cette première consultation était gratuite, et les informa sur les coûts moyens d’une procédure de divorce par consentement mutuel. Aux heures prestées par l’étude notariale, il fallait ajouter le coût des documents légaux tarifés. Et pour le dépôt et la mise au rôle de la requête au tribunal, il leur en coûterait 100€. Le rachat de la maison par l’un d’entre eux engendrerait également des frais spécifiques, le cas échéant. Rommy nota consciencieusement les montants évoqués dans son agenda, à la date du jour.

Juste avant de quitter la pièce, alors que Jul’ venait de passer la porte, Rommy osa la question qui lui brûlait les lèvres depuis le début de l’entretien.

« Et si nous ne parvenons pas à nous mettre d’accord sur tout ? Ou si l’un de nous n’est pas… sûr de vouloir divorcer ? »

Jul’ eut un mouvement de surprise indignée, et, se retournant brusquement, lui jeta un regard courroucé. Mais la notaire répondait déjà à Rommy.

« Dans ce cas, vous devrez choisir la procédure de divorce pour désunion irrémédiable. Et peut-être vous adresser à d’autres instances pour régler vos éventuels différends… Un service de médiation familiale. Ou des avocats, si vraiment…

filiatio19-064– Ce ne sera pas nécessaire », déclara Jul’ d’un ton péremptoire. « On va travailler à ce… consentement mutuel. On était d’accord pour régler tout ça rapidement, Rommy, tu te souviens ? On va s’y mettre sans traîner, ça ne devrait quand même pas être sorcier de trouver les meilleures solutions pour tout le monde.

– Si cela vous est possible », enchaîna Maître Claes, « je ne peux effectivement que vous conseiller de chercher accord ensemble. Vous êtes les mieux placés pour prendre les bonnes décisions, et il vous sera plus facile de respecter des décisions prises ensemble que d’obéir aux solutions préconisées ou imposées par un tiers. »

Ce soir-là, en relevant une dernière fois son courrier électronique avant d’aller se coucher, Rommy découvrit un email de Jul’. Plutôt bref : « Sorry pour ce matin chez Claes. Mal au crâne en me levant… plus de médoc, pas le temps d’aller en chercher avant le RDV. La migraine m’est tombée dessus en 1h, c’était horrible. J’ai du annuler tous mes RDV clients de l’aprèm. Quelle p… de journée. On se voit mardi à la maison pour discuter ? 18h ? A + – J. ».

Rommy sortit son téléphone, envoya « ok » à son ex. Puis resta longtemps devant l’écran lumineux, totalement immobile. Dans sa tête, neuf voix grinçantes bataillaient ferme pour accaparer son attention… (À suivre…)

Céline Lambeau

Article paru dans Filiatio #19 – mai/juin 2015, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

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