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Les Lutins Verts, milieu d’acceuil

0024_FILIATIO_Mai_2016-027Un milieu d’accueil éco-responsable certifié bio, c’est déjà c’est une première en Wallonie. Une accueillante qui, par souci de l’enfant, s’intéresse à l’ensemble de son système familial et donne aux parents confiance en leur démarche éducative, ça vaut la peine d’être salué.

Accueil pour petits… et grands !

La première vision dont on bénéficie en s’approchant des lieux, c’est la banderole pignon sur rue qui déclare ce milieu d’accueil « work in progress »… C’est assez révélateur de l’état d’être et d’esprit de celle qui a conçu et qui anime ce projet, Valérianne Petit, dite Valia. Lorsqu’on en franchit le seuil, on est reçu par une accueillante questionnant et en questionnement. Pour Valia, les enfants ne sont pas des petits segments autonomes mais les acteurs et réceptacles d’un système humain, interpersonnel, social et terrestre très large. Ainsi, la relation qu’elle entretient avec les parents est caractéristique de l’intérêt qu’elle porte au contexte dans lequel les enfants évoluent en dehors de chez elle. Consciente des pressions que notre société exerce sur les adultes, notamment en leur intimant d’être des parents parfaits, elle sait que ces pressions influent directement ou indirectement sur l’humeur et le bien-être des petits bouts. De fait, les enfants reçus ne sont pas vierges de toute empreinte. Ils sont riches d’une grande part de leurs géniteurs. C’est pourquoi Valia favorise des conditions de réception d’enfant au cours desquelles les parents peuvent mettre des mots sur ce qu’elle suppute au contact de leurs enfants. Car pour accompagner ceux-ci au plus près de leurs besoins et de leurs capacités, elle ne peut faire l’impasse sur leur contexte familial.

0024_FILIATIO_Mai_2016-026Sas de décompression

Ainsi, une part essentielle de l’accueil se joue le matin avec les parents. Le hall d’entrée constitue un véritable sas dans lequel les mamans et papas trouvent l’espace et le temps de s’exprimer, de verbaliser leurs craintes et leurs joies, leurs surprises ou leurs découvertes quant à leur petiot. Valia écoute et n’a pas son pareil pour rendre à chacun la confiance en cas d’hésitations, de tâtonnement. Par le biais d’une conversation agréable et enrichissante, elle amène les parents à se réapproprier leur pouvoir d’appréciation sur l’éducation qu’ils tentent d’inculquer à leurs enfants. Ça n’est pas commun de rencontrer dans notre monde « surnormé » un espace où l’on peut être soi-même, généralement imparfait, sans en souffrir mais au contraire mieux percevoir la singularité indissociable de cette imperfection. Puisque c’est d’abord avec cette matière que notre rejeton s’édifie et se lance dans l’aventure humaine que représente son existence. Et c’est donc avec le coeur allégé, autant pour avoir mieux pris conscience de la richesse de ses aptitudes que du fait d’être rassuré sur la journée de son bambin, que le parent quitte le sas de décompression des Lutins Verts.

Le cadre

Située dans un quartier paisible et presque verdoyant, la maison, rénovée essentiellement avec des matériaux écologiques pour devenir un milieu d’accueil, n’avait initialement rien de remarquable. Il s’en dégage pourtant quelque chose d’indéfinissable et de plaisant. Un bien-être que l’on reçoit comme un baume. Alors, est-ce une coïncidence si Valia nous confie que l’agencement de cette bâtisse, entre la rue et un jardin (qui dans un futur proche accueillera lapins et autres poules) avec un arrière-plan de terrils, lui rappelle la maison de ses grands-parents ? Ou bien les relations bienfaisantes des uns influent-elles sur le contexte de vie des autres, en l’occurrence des bambins qu’elle reçoit ?

Le temps

Quelque chose de très remarquable ici, même pour les parents (ces êtres fugaces minés par l’insomnie, poursuivis par le réveil et traqués par l’horaire), c’est la relation au temps. C’est du temps qui prend le temps. Du temps souple qui s’étale et adopte la forme de la nécessité qu’il rencontre. C’est le temps des enfants : du temps « qui dure toute la vie ». Évidemment, il n’y pas là d’hasard lié à une conjonction particulière d’astres ou à un alignement de planètes, mais bien le fait de la très grande disponibilité de Valia. Hors les besoins des marmots, rien ne perturbe l’attention qu’elle octroie aux personnes venant confier ou rechercher leur enfant.

Contrat

Autre élément sur lequel il est intéressant de s’arrêter : le contrat. En tant qu’accueillante conventionnée, Valia est soumise aux normes de l’ONE1. Un contrat très complet permet de sécuriser tout le monde sur les conditions de l’accueil. Toutefois, ce contrat n’exclut pas la prise en compte du facteur humain. On sent très vite que la rigidité administrative n’est pas de mise. Au-delà de la formalité institutionnelle, la relation accueillante-parents est avant tout régie par un contrat tacite qui s’établit sur une coresponsabilité entre adultes.

Un accueil en phase avec la vie

Dans l’univers de Valia, les intentions deviennent des actes qui nourrissent un engagement durable, et cet engagement a des répercussions sur le réel. À l’échelle des possibilités offertes par sa réalité actuelle, elle veille à transmette aux petits qu’elle accueille les liens qui existent entre les choses. Chez elle, nulle ampoule ne s’allume par hasard et le lait ne provient pas de tetra briks. En rendant perceptibles et en accordant une place particulière aux liens concrets qui existent entre vache et lait, commutateur et ampoule, ou autres, elle relie l’enfant au monde dans lequel il vit et le remet en contact avec la nature sans qu’il n’en devienne nécessairement le centre vorace et tout-puissant. De cette manière, chaque objet aussi banal soit-il se transforme et laisse apparaître son potentiel d’apprentissage. Dans le même ordre d’idées, les émotions des enfants, considérées à leur juste valeur et utilisées par Valia comme des marqueurs relationnels concrets, permettent aux bambins de mieux appréhender la dimension interpersonnelle dans laquelle ils se trouvent.

Projets

Faisant partie de ces pionnières de l’aventure humaine qui ne se bornent pas à ce qui existe et ne limitent pas leurs actions au champ pragmatique de l’existant, Valia va plus loin et met l’accent sur la nécessité d’ouvrir l’éducation à des principes extérieurs et à d’autres philosophies. Ce n’est donc évidemment pas fortuit si elle envisage, dès qu’elle aura réussi à « écarter les murs de l’accueil », de créer un centre culturel de la parentalité… Ou que son milieu d’accueil fasse école en développant des modules éco-responsables pour les accueillants d’enfants, par exemple. Au vu de l’enthousiasme qui l’habite, on veut bien croire que ce n’est pas quelques parois qui contrecarreront ses desseins… Avec elle, attendons-nous à plus d’avenir que ce que le futur présage !

Conclusion

L’accueil Les Lutins Verts est un lieu de vie et un authentique poème. C’est le premier poème de la vie de quelques enfants. Et les adultes qui frôlent ce poème en ressortent émus et transformés.

David Besschops

Infos pratiques et prise de contact

Rue Ferdinand Nicolay, 205, Thier à Liège
0494 38 35 35

Article paru dans Filiatio #24 – mai/juin 2016, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

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