Home » Actualités » Mariage forcé à Bruxelles : le coeur n’est pas un genou que l’on peut plier

Mariage forcé à Bruxelles : le coeur n’est pas un genou que l’on peut plier

Dans le cadre du Plan d’Action National de lutte contre la violence entre partenaires et d’autres formes de violences intrafamiliales, et à la demande de la ministre de l’Intérieur et de l’Égalité des chances, Joëlle Milquet, et du secrétaire d’État à l’Égalité des chances de la Région de Bruxelles-Capitale, Bruno De Lille, la chercheuse Nawal Bensaïd (Université Libre de Bruxelles) a coordonné une étude quantitative et qualitative sur les mariages forcés en région bruxelloise. Bruxelles, une ville métissée et interculturelle où vivent plus d’un million d’habitants et où « il aurait été vraisemblable que, plus qu’ailleurs, le nombre de cas soit élevé ». Les résultats, publiés au mois de mai, s’appuient sur des données issues de statistiques officielles et de dossiers associatifs, ainsi que de nombreux entretiens auprès des associations et de groupes de jeunes concernés par le sujet. Résultat : il y aurait relativement peu de mariages forcés à Bruxelles, assurent les chercheurs : entre cinq et dix cas par an. De quoi se réjouir ? Non, car il existe évidemment un chiffre noir des mariages contractés par la force et la menace. Toutes les victimes ne portent pas plainte auprès de la police ou ne cherchent pas l’aide des associations. Si les chiffres officiels sont donc peu élevés, les auteurs de l’étude appellent à continuer la prévention, la sensibilisation et la prise en charge des victimes, non seulement pour leur venir en aide mais aussi pour réduire le chiffre noir. Ils remarquent également que les cas de demande d’asile de femmes victimes de mariages forcés dans leur pays d’origine sont, eux, en augmentation constante. Ils proposent enfin d’assimiler les mariages forcés aux autres types de violence domestique, afin de ne pas stigmatiser les populations d’origine étrangère : « les violences envers les femmes au sein de l’espace familial se produisent dans tous les milieux sociaux et ne sont pas l’apanage des familles étrangères ou immigrées. » Différentes pistes d’action sont envisagées : sensibilisation des consulats, formation des officiers d’État Civil et renforcement des mesures coercitives.

L’étude est disponible ici :

http://germe.ulb.ac.be/uploads/pdf/articles%20online/rapportMF2013NawalB.pdf

De nombreuses informations pratiques et juridiques disponibles sur le site du réseau Mariage et Migration : www.mariagemigration.org ainsi que sur le site de la campagne « Mon mariage m’appartient » : http://monmariagemappartient.be

Sabine Panet et David Besschops pour le titre.

Article paru dans Filiatio #10 – mai / juin 2013, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

Je commente (0) Commenter | Je partagePartager sur facebook | Je tweeteTweeter cet article

Laisser un commentaire

* Ces champs sont obligatoires
** Vous pouvez utiliser certaines balises html