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Marin mon coeur

Eugène Savitzkfiliatio_13-081aya

Les Éditions de minuit

Ici, d’emblée, le ton est donné par l’entête : « Roman en mille chapitres dont les neuf dixièmes sont perdus ». Marin, l’enfant, y est décrit lors de son investiture de la vie et du silence : « Il ne mange pas de chair crue. Il ne s’intéresse pas au vin mais simplement aux récipients qui le contiennent et à ses couleurs. Il dort uniquement sur le ventre comme une tortue sous sa carapace. Il mord les livres. Il ne sent pas l’ail, ni l’oignon, ni la sueur rance. Il craint le poivre. Il n’est pas poilu. Ses talons ne sont pas rugueux. Ses cheveux sont intacts. On ne voit pas ses os. Ses orteils ne puent pas. Rien ne le surprend. Il n’aime pas le vacarme. Il ne hait personne et personne ne le hait ». Au gré de la lecture, nous aurons la chance d’assister à des scènes où Marin se frotte à la température ambiante et aux intempérances journalières. Nous découvrirons aussi en quel recoin du sommeil il établit ses empires. Et comment il se mêle aux éléments de l’univers par le biais de déambulations microscopiques. Il est observé par un individu, possiblement son père, qui rapporte minutieusement ses faits, gestes et escarmouches durant nonante-trois pages de stupeur émerveillée. À vos besicles !

David Besschops

Article paru dans Filiatio #13 / mars – avril 2014, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

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