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Mener sa barque seule

web_0026_filiatio_dec_2016-010Rachid a grandi en Belgique. Après ses études, il a entrepris de retourner au Maroc pour retrouver les membres de sa famille. À la faveur de ses recherches, il rencontra Gisela (1), marocaine d’origine espagnole avec qui il rentra bientôt en Belgique, où naquit leur fille Jeanne (2) quelques années plus tard. Le temps passant, à force de représentations équivoques et de malentendus corollaires, leur relation se dégrada au point d’aboutir à un rapt parental…

Prologue

« D’abord, je tiens à exprimer que, sans cet ami qui m’a parlé de votre magazine dans lequel il a témoigné il y a quelques années et sans une rencontre que j’ai faite il y a peu, j’étais prêt à laisser tomber les bras et à accepter mon sort. Mais il y va de l’existence de ma petite fille de trois ans aussi je ne peux pas me résigner. Pourtant, j’ai peu d’espoir. Puisque vous m’y invitez, je vais essayer de retracer brièvement les faits qui m’ont conduit à la situation actuelle.

Situation de départ

Originaire du Maroc, j’ai grandi en Belgique dans un orphelinat puis dans une famille d’accueil dont je n’ai pas à me plaindre puisque c’est grâce à celle-ci que j’ai pu mener à bien des études d’instituteur d’école primaire à une époque où il n’était pas monnaie courante que des hommes choisissent cette orientation. Aimant beaucoup les enfants, j’ai toujours eu à coeur de travailler dans un secteur où j’aurais l’occasion de les côtoyer. Cela peut sembler un détail mais vous verrez qu’il est en lien avec le déroulement ultérieur de mon histoire. Pour faire bref, après avoir réussi mes études et avoir eu la chance de m’épanouir professionnellement dans une école primaire comme je l’avais préalablement envisagé, j’ai été rattrapé par le désir de connaître mes origines généalogiques. À vrai dire, ce sont surtout les questions incessantes de collègues s’inquiétant pour moi de cette absence de connaissance de ma famille qui ont fini par me contaminer et par susciter en moi l’envie de me rendre au Maroc pour enquêter sur ma parenté, proche et lointaine. J’ai entamé d’abord des recherches depuis la Belgique, via Internet, puis je me suis rendu sur place, fin 2007.

Retour aux sources

Une fois là-bas, je me suis vite rendu compte que l’administration de Casablanca était non seulement un dédale mais qu’en plus l’archivage papier était un véritable gruyère pendant l’exploration duquel il était courant de rencontrer un petit chef de bureau disposé, contre bakchich, à vous inventer la part de votre passé qui ne figurerait pas dans les documents. Pas la peine de détailler les méandres de cette quête, qui m’a surtout permis d’apprendre que j’avais été abandonné à la naissance dans un quartier particulièrement miséreux de la ville mais non comment j’avais atterri sur le sol belge. C’est par contre durant cette épopée administrative que j’ai rencontré Gisela, avec qui j’ai eu un enfant par la suite. Aujourd’hui, Gisela retient cet enfant au Maroc sans mon accord.

Circonstances de la rencontre

À propos de notre rencontre, je tiens à préciser que Casablanca n’est absolument pas une ville réactionnaire ou attardée, ni le fief d’un quelconque obscurantisme, comme il en existe quelques-uns dans mon pays, mais bien une ville moderne résolument contemporaine. Gisela était d’ailleurs au moment de notre rencontre une jeune cheffe de service délurée qui ne ressemblait en rien à ces femmes soumises ou illettrées sur lesquelles nombre de mes compatriotes élevés dans des ghettos belges s’empressent d’aller mettre le grappin au pays sous prétexte que la gent féminine belge ne leur convient pas. Mon but n’est évidemment pas de leur jeter la pierre mais j’ai appris à mes dépens par la suite que la vilaine tendance des autorités belges à généraliser ce type de comportements à tous les marocains affectait la façon dont nous étions traités en cas de problème matrimonial en Belgique.

Début idyllique

À l’amorce de notre relation, la famille de Gisela fut accueillante et très ouverte. Ils étaient tout sourire, toujours, me donnaient l’impression que l’union que nous projetions allait vraiment rapprocher des cultures et lancer un pont intercontinental entre l’Afrique et l’Europe. J’avoue avoir été séduit tant par Gisela que par sa famille, des personnes rieuses et colorées qui représentaient quelque chose à quoi j’aspirais : une base solidaire, réelle, sur laquelle chacun de ses membres peut s’appuyer ou à laquelle tous accourent lorsqu’ils en ressentent le besoin.

Premier désenchantement

Cela pour dire que, sous des dehors enchanteurs, la réalité peut parfois vous berner. Très vite, peut-être trop vite, la décision fut prise que Gisela viendrait s’installer en Belgique avec moi. Je vous fais l’économie des péripéties et du casse-tête administratifs que nous avons surmontés pour parvenir enfin à nous établir légalement ici tous les deux. Il a fallu d’ailleurs pour ce faire aller contre la volonté de Gisela, qui ne voulait pas se marier, sans quoi elle n’aurait pu rester chez nous. Je ne crois pas que ce facteur-là ait été à l’origine de ce qui s’est passé par la suite mais j’ai du mal à l’écarter d’emblée. Car pour Gisela, c’était perdre sa liberté, à laquelle elle tenait par-dessus tout.

Fin du conte de fée

À nouveau, je vous passe le détail de notre installation en Belgique et des déboires qu’elle a occasionnés. Ce qui m’importe maintenant de souligner, c’est combien le sens donné à nos actions, plus que nos actions ellesmêmes, a impacté notre vie de couple. D’abord, le fait que Gisela ne puisse pas faire valoir ses diplômes de gestion et de responsable administrative l’a complètement démoralisée. Elle aurait dû suivre des cours pour prétendre à leur validation, ce qui lui fut impossible car elle était alors enceinte de notre fille. Une grossesse difficile qui l’obligea à rester alitée durant presque toute la durée de celle-ci. Heureusement, j’avais pu réintégrer mon poste dans l’école où je bossais avant mon départ et nous avions donc une rentrée d’argent suffisante pour subvenir à nos besoins. Le hic, c’était que Gisela assumait seule et depuis très jeune sa subsistance et se retrouvait alors dans une situation où elle dépendait entièrement de moi qui, à ses yeux, jouais un rôle de pourvoyeur. Un fonctionnement qu’elle s’était juré de ne jamais accepter. Bon gré mal gré, elle se raisonna, les obstacles, principalement la grossesse, étant trop importants pour être surmontés sans mon soutien financier. Ce qui compte a posteriori, c’est qu’elle respecta à la lettre les prescriptions et conseils de la gynécologue et parvint ainsi à mener à terme une grossesse qui se conclut par l’accouchement parfaitement normal d’une petite fille que nous prénomâmes Jeanne.

L’enfant

Notre fille s’est directement intégrée dans la petite famille comme un enfant qui sentait qu’il ne fallait pas faire de vague. En termes concrets, cela signifie qu’elle pleurait très peu, faisait montre d’une extrême placidité quoi qu’il arrive et s’est adaptée à la crèche dès son entrée puisque Gisela, mue par son besoin d’autonomie et d’indépendance, avait décidé de reprendre une formation d’infirmière dès après la naissance de Jeanne.

Durant sa formation, sa maman et moi avions retrouvé un équilibre relationnel satisfaisant et une vie de couple agréable à tous points de vue. Trop, peut-être, puisque emportés par cette courbe ascendante, nous avons commis quelques imprudences et appris avec retard que Gisela, dont les menstruations étaient très irrégulières depuis la grossesse de Jeanne, était à nouveau enceinte. Catastrophe ! D’autant qu’elle était bien décidée à ne pas garder l’enfant… Ce à quoi je me suis opposé par des comportements plus virulents que ceux auxquels je l’avais habituée jusqu’alors. N’entendez pas par là que j’aie fait preuve de violence à son égard mais bien que nous avons eu des discussions à n’en plus finir et de vive voix, au point que les voisins, alertés par nos cris, ont cru bon d’intervenir.

Séparation provisoire

Prétextant la nécessité de mettre un peu de distance entre nous afin d’avoir les idées plus claires et de retrouver la sérénité indispensable pour mener sa grossesse à terme, Gisela a décidé d’aller s’installer chez une dame avec qui elle était en formation. Sans que je ne sois tout à fait d’accord, elle emmena Jeanne. Attristé et furieux de ces prises de décision unilatérales, j’ai pourtant opté pour une réaction modérée en ne me dressant plus contre sa volonté du moment. J’espérais en effet que nous parviendrions à nous apaiser et à pouvoir envisager l’avenir avec recul. Mal m’en a pris sans doute car j’ai appris a posteriori que l’amie qui l’hébergeait avait une langue de vipère et, plutôt que d’oeuvrer à nous réconcilier (ou pour le moins à ne pas envenimer notre différend) la montait davantage contre moi en détournant chacun de mes faits et gestes pour dresser un portrait d’homme possessif et tyrannique avec qui je n’avais rien de commun. Cela eut pourtant un effet considérable sur Gisela puisque, un dimanche matin, j’ai reçu un appel téléphonique du Maroc au cours duquel sa mère très remontée contre moi me dit ce qu’elle s’imaginait être mes quatre vérités et me signala que sa fille n’était pas une femme soumise et qu’elle ne le serait jamais et que, si j’avais eu envie de ce type de compagne, je m’étais trompé d’adresse en ce qui la concernait. Avant de raccrocher, elle ajouta que je ne tarderais pas à comprendre ce que c’était qu’une femme qui menait sa barque seule…

Conséquences

Sur le coup, excédé par l’agression verbale, je n’ai guère prêté attention à la substance de dires qui me semblaient ceux d’une épouse dont la seule marque d’indépendance était d’avoir réussi à, littéralement, transposer ses rêves de liberté dans la tête de sa fille. Fille qui alors tentait de légitimer des comportements que sa mère n’avait au fond jamais osé avoir elle-même. Toutefois, j’étais dérangé par une vague inquiétude dont j’ignorais la cause véritable mais qui était sans doute en lien avec le fait que je n’avais pas vu Jeanne depuis trois semaines. Systématiquement, sa maman avait postposé ou décommandé nos rendez-vous. Moi, toujours avec l’objectif d’assouplir nos rapports, je n’avais pas insisté. Seulement, après avoir reçu cet appel du Maroc, j’étais moins confiant et j’ai décidé de me rendre chez l’amie de Gisela pour voir ma fille.

Découverte du pot aux roses

La surprise y fut de taille. Reçu par l’amie en question, j’appris que Gisela n’habitait plus là depuis deux semaines. Où était-elle ? J’aurais dû le savoir, me fut-il rétorqué. Et de toute façon, il ne fallait pas compter sur la copine pour faire de la délation. D’abord désemparé et sous le choc, je n’y croyais pas. C’était trop à assimiler d’un coup. J’étais stupéfait. Ensuite, j’ai perdu pied et, pris de panique, j’ai gueulé. Ce qui donna un prétexte à la dame pour appeler la police. La suite est classique. Arrivée des forces de l’ordre. Incompréhension et distorsion de la situation. Prière de me retirer sous peine de… Et cætera.

L’impensable

Ma femme enceinte et ma fille avaient disparu… Il me fallut quelques jours pour mettre de l’ordre dans mes idées et réagir. J’étais tétanisé. Je pris d’ailleurs une semaine de congé pour essayer d’y voir clair et poser des actes sensés. Je suis d’abord allé au commissariat de la police locale où j’ai déclaré la disparition (qui pour eux n’en était pas une). Ils ne s’alarmèrent pas outre mesure et allèrent même jusqu’à me suggérer de faire preuve de patience avec sur le faciès une expression du genre : « Elles reviennent toujours ! ». J’étais outré mais d’après eux, c’était un cas classique de tentative de mise à distance. Ça ne durerait pas. Ils me conseillèrent d’attendre avant d’engager une action à un autre niveau de justice. Ne sachant qui écouter, je pris en compte leurs suggestions et m’abstins d’intenter quoi que ce soit d’autre. Évidemment, j’ai commencé à souffrir d’insomnie, à perdre patience à l’école et à me disputer avec des collègues. Mon isolement s’en accentua, à tel point qu’un médecin de mes amis m’envoya chez un de ses confrères qui me fit un certificat d’incapacité de travail avec un diagnostic de dépression. Ce qui accentua mon désespoir puisque je me suis retrouvé d’un coup sans le dérivatif de mon activité d’enseignant, seul chez moi, assis des journées entières en pyjama au bord de mon lit à ressasser une situation qui ne gagnait rien à être ressassée.

Déclic

Heureusement, il y a eu ce matin où je me suis éveillé avec le sentiment qu’il fallait agir et réduire l’incertitude. Ce jour-là, je me suis rendu sans détour au bureau du SPF-Justice afin d’y faire une déposition détaillée de la situation et demander une aide institutionnelle. À l’heure de déclarer la date de « disparition » de la mère de Jeanne, je me suis rendu compte que j’avais perdu la notion du temps pendant plus de deux semaines et que j’étais venu à la police sans même savoir si nous étions un jour ouvrable ou non. On ne me promit rien et nul employé de ce service ne me donna des échéances ou ne me fit un topo des actions qui seraient entreprises. Il me fut simplement énoncé qu’on me tiendrait au courant de « l’évolution de la situation ». Cette clôture d’entretien me parut inouïe, d’autant que j’en faisais moi-même partie, de cette situation…

L’attente

Les semaines furent, comme on peut l’imaginer, les plus éprouvantes de mon existence. Perpétuellement recroquevillé sur mon lit, j’attendais sans vraiment savoir ce que j’attendais dans un chez-nous qui avait tellement perdu sa raison d’être que je me croyais dans l’anonymat d’un hôtel. .Pourtant, à un moment, il m’a fallu sauter le pas et donner une place à l’intuition que j’avais que tout se jouait au Maroc. J’ai donc pris la décision d’aller voir la famille de Jeanne et de leur demander de collaborer dans le rééquilibrage de notre famille. Je ne nourrissais pas beaucoup d’espoir, après la dernière communication téléphonique mais je pressentais que Gisela était rentrée au pays. Par ailleurs, j’escomptais que le temps aurait aplani quelque peu ce que je considérais encore comme un dramatique malentendu.

Un cauchemar

À partir de là, les choses se sont enchaînées très rapidement. Excepté le fait que j’ai eu confirmation de la présence de Jeanne chez ses grands-parents, mon voyage au Maroc fut un fiasco total. J’y fus confronté à une famille refermée sur elle-même et protégeant ce que je considère être les errements de leur fille. Je n’ai même pas pu franchir le seuil de leur maison et c’est dans la rue qu’éclata le scandale qui aurait dû me mettre en fuite mais durant lequel j’ai entendu de la bouche de mes beauxparents que j’étais un mari maltraitant dont la conduite avait poussé la prunelle de leurs yeux à commettre un acte impardonnable. C’est ainsi que j’ai appris, atterré, que Gisela s’était faite avorter de notre second enfant… J’ai failli m’évanouir sur place en écoutant cette horreur. Quant à ma fille, il me fut interdit de la voir. Heureusement, elle était vivante ! On pourrait croire que j’exagère mais, quand les choses atteignent une telle abjection, le cerveau n’imagine plus que le pire. Suite à mes tentatives de passer outre leur refus, une patrouille de police me laissa entendre qu’il existait une collusion entre cette famille et les autorités de la ville. Souvenir de l’époque où Gisela travaillait dans l’administration, sans doute. Autant dire que je n’avais aucun recours dans ce pays où j’étais considéré de manière équivoque comme un bourreau par des êtres qui m’avaient été proches. Malheureusement, je n’en avais guère plus en Belgique, où les services de justice semblaient donner plus d’importance aux préjugés que suscitaient ma personne qu’aux détails concrets de mon drame et, par conséquent, accomplissaient leurs tâches à un rythme purement mécanique, comme si le résultat de leur action ne dépendait pas d’eux.

Retour au point de départ

Devant l’inutilité de mes tentatives, humaines comme institutionnelles, j’étais bien prêt de m’effondrer et je ne dois qu’au hasard d’avoir retrouvé un peu d’espoir d’un jour revoir ma fille et m’occuper d’elle comme je le faisais auparavant. Je dois ce regain d’espérance à un ami revu à l’aéroport où j’attendais pour embarquer sur mon vol de retour et qui, après avoir entendu mon histoire, m’a mis en contact avec un vieux Marocain habitué des affaires familiales complexes et qui intervient très souvent comme conseiller ou médiateur dans des affaires de ce type. Un individu qui n’a aucun titre officiel mais qui a une longue pratique des différends qui, au bled, se réglaient de façon orale et sans l’intervention d’aucune forme de tutelle administrative ou judiciaire. Je m’en remets complètement à lui. Et inch’allah, comme on dit… »

Propos recueillis par David Besschops

Le décryptage de Michaëla Gayack

Michaëla Gayack est psychologue et maître-praticienne en PNL. Elle intervient essentiellement dans des dossiers en rapport avec l’aliénation parentale.

« Nous nous trouvons ici dans une situation terrifiante et d’apparence inextricable où les représentations que les acteurs ont les uns des autres prévalent nettement sur leurs intentions ou sur leurs actions réelles. Il m’est de ce fait difficile de décoder un contexte où les êtres ne semblent pas être le produit complexe de leur(s) réalité(s) mais uniquement une image que les autres se font d’eux. Cette femme voit dans l’homme qu’elle épouse quelqu’un qu’il prétend ne pas être mais qu’il se trouve incapable de réfuter au sein d’un couple où le fantasme finit par l’emporter. D’autant qu’à l’annonce de la seconde grossesse on voit émerger les signes évidents du rapport de force qui existe entre eux. Plus réel que fantasmatique, cette fois. Quant à la relation que le père entretient avec l’administration judiciaire belge, le fait de ne pouvoir se dépêtrer de ce qu’il croit qu’on pense de lui, ça ne l’aide évidemment pas à réaliser des démarches pertinentes pour l’avancement de son dossier. Alors, dans ces univers où les préjugés pèsent davantage que les actes, je crois que le recours à un homme de palabres est peut-être approprié. Ce n’est pas à moi d’en juger. D’un autre côté, on perçoit assez vite à la lecture de ce témoignage que ce monsieur oscille entre la volonté d’agir et une forme de résignation qui le terrasse. Cette oscillation entre deux états joue hélas en défaveur de l’enfant et de l’ensemble du système familial, qui se fige alors dans une configuration malsaine. »

 

Article paru dans Filiatio #25 – novembre/décembre 2016, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

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