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Parité bien ordonnée termine à 40% ?

filiatio_12-002Dans l’UE, à l’horizon 2020, les conseils d’administration des entreprises publiques et des entreprises cotées en bourse devront compter au moins 40% de femmes. Ainsi en a décidé le Parlement européen le 20 novembre dernier. Objectif : briser le « plafond de verre » qui voit les femmes stagner dans les fonctions subalternes en dépit de qualifications égales ou supérieures à celles des hommes.

Le système des quotas fait partie des mesures antidiscriminatoires auxquelles les états-membres de l’Union Européenne peuvent recourir (à titre temporaire) depuis les années ’90 pour équilibrer la représentation des deux sexes dans la vie publique et les processus décisionnels collectifs. Fréquemment critiqué – certains le trouvent discriminatoire, interventionniste, stigmatisant ou encore non-démocratique – ce système a pourtant fait ses preuves dans plus d’un état-membre.

Ainsi de la Belgique. Le pourcentage d’élues y a doublé après la promulgation en 1994 d’une loi interdisant la composition de listes électorales comportant plus de 2/3 de candidats du même sexe. Et depuis 2002, c’est même un principe de parité complète qui gouverne la composition des listes électorales régionales, fédérales et européennes. En 2011 et Brèves 2012, la stratégie des quotas a été étendue aux administrations publiques et aux CA des sociétés cotées en bourse et des entreprises publiques autonomes : le gouvernement belge y impose actuellement un quota de 33% de femmes dans les plus hautes fonctions. Ce chiffre devra donc être revu à la hausse, pour s’adapter à la nouvelle directive européenne.

L’initiative du Parlement européen doit donc être saluée… à un détail près. D’une manière générale, les quotas visant une plus grande égalité des hommes et des femmes en Europe stagnent à 30-40%… soit une répartition inégalitaire, par définition. Et qui ne s’explique pas par une volonté de progressivité, puisque les lois fixent des paliers et des délais pour l’atteinte des proportions désirées, les érigeant de facto en horizon ultime de ces mesures. Tout se passe donc comme si l’on ne pouvait se résoudre à planifier une fois pour toutes une parité véritable, à court ou moyen terme. Comme si persistait dans la société une volonté aussi latente que tenace de maintenir la possibilité d’une domination d’un sexe sur l’autre dans les hautes sphères politiques et administratives ?

Céline Lambeau

Article paru dans Filiatio n°12 – janvier / février 2014, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

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