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Pleurs de bébé : les pères auraient, eux aussi, des oreilles pour les capter

D’après une récente étude de l’université de Lyon/Saint-Étienne, pour laquelle une soixantaine de pères et mères ont été testés en France et en République du Congo, ce serait l’importance du temps passé par un parent avec son bébé qui déterminerait sa capacité à reconnaître ses pleurs. Et non pas une disposition programmée dans des gènes féminins ! Voilà qui ébranle l’idée reçue selon laquelle une mère serait par nature plus attentive aux pleurs de son bébé qu’un père. Les parent eux-mêmes véhiculent cette croyance : « lors d’une enquête conduite à l’université de Saint-Étienne auprès de 500 personnes, la moitié des gens interrogés estimaient que les parents sont incapables de reconnaître les pleurs de leur bébé parmi d’autres. Et ceux qui pensaient que c’était possible affirmaient que seule la mère en serait capable » s’étonne Nicolas Mathevon, qui a piloté le projet de recherche (cité par Le Figaro du 16 avril 2013). Si beaucoup d’études ont précédemment démontré que les mères reconnaissaient mieux et répondaient plus facilement aux besoins de leur bébé que les pères, les pères et mères étudiés n’étaient pas à égalité de temps passé avec leur enfant – à l’image de la société actuelle.

Si la capacité à reconnaître les pleurs de son bébé n’est donc pas innée, elle demande toutefois un minimum d’entraînement. S’ils sont à ses côtés plus de quatre heures par jour, père et mère identifient les pleurs de leur nourrisson et sont à égalité : oreille d’homme et oreille de femme captent pareillement. En revanche, moins de quatre heures par jour et c’est la dégringolade : les parents – les femmes comme les hommes – rencontrent alors des difficultés pour distinguer les pleurs de leur propre bébé de celles d’autres enfants. Si toute cette expérience a dû être nerveusement éprouvante pour les chercheurs et pour les participants (combien d’heures de pleurs de bébé au total ? L’étude ne le dit pas), elle a le mérite de mettre le doigt sur un enjeu essentiel de la parentalité : l’apprentissage et l’expérience. Dans Filiatio #1, nous citions les recherches entreprises par la primatologue et anthropologue Sarah Blaffer Hrdy : depuis une dizaine d’années, les biologistes ont réussi à montrer que le « mâle humain, comme dans les espèces pratiquant l’élevage coopératif, lorsqu’il cohabite avec la mère et est en contrat étroit avec le bébé, subit une transformation hormonale. » Il y a donc de la place, concluait la scientifique, pour un épanouissement de l’homme qui développe son potentiel d’empathie à l’égard des tout-petits. Et pendant que certains hommes pouponnent, l’équipe de l’université de Lyon/ Saint-Étienne entend poursuivre ses travaux pour questionner une éventuelle différence entre la capacité des pères et des mères à comprendre les causes des pleurs de leur bébé : symphonie nourrissonne en perspective.

« Fathers are just as good as mothers at recognizing the cries of their baby », Erik Gustafsson, Florence Levrévo, David Reby & Nicolas Mathevon, Nature Communications, avril 2013. Téléchargeable en ligne (gratuitement) par ici : http://rdcu.be/nXR1

Article paru dans Filiatio #10 – mai / juin 2013, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

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