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«Pour les hommes qui n’ont toujours pas compris»

Une fois n’est pas coutume, à la rédaction de Filiatio, nous prenons le parti de jouer la carte de « l’humour renversant ». C’est que, quelquefois, le contrepied induit par un basculement de perspective est plus éclairant qu’un long discours. À travers un poème écrit par Carol Diehl en réaction à la misogynie de quelques hommes lors d’une manifestation publique, nous vous laissons juger de la pertinence de la démarche.

0024_FILIATIO_Mai_2016-014«Et si

Toutes les femmes étaient plus grandes et plus fortes que toi et se croyaient plus intelligentes

Et si

C’étaient les femmes qui déclenchaient les guerres

Et si

Des tas d’amis à toi avaient été violés par des femmes

Et sans vaseline

Et si

Le policier de la route qui t’arrêtait sur l’échangeur du New Jersey était une femme

Et portait une arme

Et si

Le fait d’avoir ses règles était la condition pour décrocher les boulots les mieux payés

Et si

L’attrait que tu exerces sur les femmes dépendait de la taille de ton pénis

Et si

Chaque fois qu’une femme te voyait elle sifflait et faisait des gestes saccadés avec les mains

Et si

Les femmes faisaient toujours des blagues sur la laideur des pénis et le gout désagréable du sperme

Et si

Tu devais expliquer ce qui cloche dans ta voiture à de grosses femmes suantes aux mains huileuses qui fixent ton entrejambe dans un garage où tu es entouré par des affiches de types nus en érection

Et si

Des revues pour hommes publiaient des photos de gamins de quatorze ans avec des chaussettes fourrées dans leur jean au niveau de l’entrejambe et des articles du style « Comment savoir si votre femme est infidèle »

Ou

« Ce que votre médecin ne vous dira pas sur votre prostate »

Ou

« La vérité sur l’impuissance »

Et si

Le médecin qui examinait ta prostate était une femme et t’appelait « mon chou »

Et si

Tu ne pouvais pas t’enfuir parce que le dress code de la boîte où tu bosses exige que tu portes des chaussures conçues pour t’empêcher de courir

Et si

Après tout ça les femmes voulaient encore que tu les aimes ?»

Carol Diehl
Traduction : Claro, traducteur et écrivain français

Carol Diehl est une artiste américaine, critique d’art et poète. Née à Philadelphie et élevée à Chicago, elle a commencé la peinture et a été active sur la scène artistique qui a prospéré à Chicago dans les années 1970. Par ailleurs, Dielh a exposé son travail pictural dans un certain nombre de galeries locales. Dans un même temps, la rédaction de nombreux articles critiques et de commentaires pour The New Art Examiner l’a conduite à assumer le rôle de rédactrice en chef de ce magasine. (Wikipédia)

Article paru dans Filiatio #24 – mai/juin 2016, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

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