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Tout se joue à la maternelle

filiatio_9-134Anne et Marine Rambach

Thierry Magnier

Essai

Sur l’air de « Tout se joue avant six ans », Tout se joue à la maternelle est un essai passionnant. Bien écrit (parfois même franchement drôle), précisément documenté (et pas trop), vivant, politique, engagé. Les auteures partent d’un postulat valable en France et en Belgique : la maternelle, tous nos enfants y vont (entre 95 % et 98 %). Elle est une exception qu’on nous envie, en Europe et dans le monde. Or elle reste une énigme. Qu’y apprend-on ? Pourquoi fait-elle l’objet de tensions et de vifs débats ? Est-elle en danger ? L’école maternelle, rappellent les auteures, est un enjeu pour l’égalité entre classes sociales ainsi que pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Depuis sa création, elle tente un équilibre délicat entre deux conceptions de sa mission : une conception qui veut que « l’école s’inscrive le plus fortement possible dans la continuité du système scolaire » (en gros : former des futurs travailleurs), et une autre « qui voudrait préserver au mieux les particularités du petit âge » (en gros : former des futurs citoyens). Anne et Marine Rambach développent différents thèmes essentiels : apprentissages, âge de rentrée en maternelle, rapport avec les parents, formation des enseignants, problèmes entraînés par la « culture du résultat » pour des enfants de moins de 6 ans, compétences contre connaissances, surpopulation dans les classes… Cependant, les difficultés que rencontre la maternelle ne doivent pas faire oublier qu’elle est un formidable outil d’intégration et de socialisation, sans compter les bénéfices à long terme pour l’ensemble du pays que représente une efficace politique d’éducation. Au final, Tout se joue à la maternelle est un convainquant plaidoyer pour un engagement politique en faveur d’une réforme profonde de l’enseignement en maternelle et qui pourrait bien inspirer les politiques belges, à tous les niveaux de pouvoir. Car « l’idéal de justice sociale que l’école maternelle revendique n’est pas encore une réalité ».

Sabine Panet

Article paru dans Filiatio n°9 – mars / avril 2013, abonnez-vous ou téléchargez gratuitement ce numéro.

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